Plein feu sur le Regroupement québécois de la danse — Entrevue avec Nadine Medawar

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Plein feu sur le Regroupement québécois de la danse — Entrevue avec Nadine Medawar
Rédactrice : Charleyne Bachraty

Rassembler, reconnaître, réunir : inscrire ses actions dans une démarche concrète et unificatrice est plus qu’une mission pour le Regroupement québécois de la danse, c’est une volonté, un désir, un besoin. Et comme le dit si bien Nadine Medawar, directrice générale, tous les membres du RQD en dépit de leurs objectifs différents, sont tous là pour présenter, œuvrer et faire découvrir la danse à sa juste et importante valeur. Mais que ce soit de la part du gouvernement, du grand public ou des bailleurs de fonds, il reste du chemin à parcourir pour que les artistes et professionnel·les du milieu s’épanouissent en toute sécurité et en grand soutien.

 

 

Quelle est la mission du Regroupement québécois de la danse (RQD) ?

Nadine Medawar : Le RQD œuvre pour le développement de la danse professionnelle du Québec, et par développement, on parle d’un meilleur financement de la danse, de meilleures conditions de travail aussi bien pour les danseurs, que les travailleurs culturels, que les techniciens, et ce, d’année en année. Notre mandat consiste également à assurer la valorisation de la danse auprès des autres disciplines artistiques, des bailleurs de fonds, du gouvernement et aussi du grand public. Et tout cela passe par une connaissance de nos artistes, de nos compagnies et des professionnels qui travaillent à la rendre possible.

Pourquoi l’organisme a-t-il été créé ?

NM : L’organisme a été créé en 1984 à une époque où les danseurs n’étaient pas perçus comme des travailleurs, des professionnels. Ils avaient donc besoin d’un cadre, de se garantir des conditions de sécurité dignes de leur discipline et d’être reconnus professionnellement par le gouvernement et par les instances. C’est dans ce contexte que le regroupement des professionnels de la danse du Québec est né. Aux danseurs se sont joints des organismes, des compagnies, des professionnels de la danse, et au fil du temps, ce regroupement est devenu le regroupement québécois de la danse. Deux ans après, l’Agora – premier diffuseur spécialisé à ne présenter que de la danse - a été créée. Le RQD a fait vraiment partie structurante de beaucoup d’organismes essentiels en culture, comme Diagramme, Compétence Culture et La danse sur les routes. C’est important de comprendre que nos actions concernent les danseurs, mais aussi les chercheurs en danse, les diffuseurs spécialisés ou pluridisciplinaires, les techniciens… Donc, toute personne qui fait partie ou qui s’intéresse au milieu peut devenir membre.

Quels sont les autres services offerts par le Regroupement québécois de la danse ?

NM : L’une de nos premières batailles concernait la reconnaissance des danseurs, et le fait qu’ils avaient le droit à suivre de la formation continue. Donc, le RDQ a œuvré dans ce sens pour avoir une loi qui stipule que les danseurs sont des professionnels qui ont le droit à la CNESST, qui ont le doit d’être remboursés pour leur entrainement entre les contrats. C’est maintenant le RQD qui gère les ses remboursements. L’accès à des formations abordables a donc été notre autre cheval de bataille. Au début, c’était surtout des classes d’entrainement à la sortie de l’école, mais aujourd’hui, ce sont des formations beaucoup plus vastes, à l’image des « coups de pouce » (le professionnel choisit ce qu’il veut fait et avec qui), ou des formations plus pointues (la fiscalité, comment négocier un contrat, équité/diversité/inclusion…). Bref, on propose un large de catalogue pour répondre à un maximum de besoins.

C’est notre grand service, mais depuis quelques années nous avons aussi la chance de bénéficier de l’aide d’un ADN sectoriel, un agent de développement numérique qui accompagne d’autres organismes. Il nous appuie dans notre transformation numérique, il met en place différents outils et offre un appui à tous les membres pour par exemple, savoir comment faire la diffusion des œuvres en ligne. À cela s’ajoutent nos « mardis Web », c’est-à-dire, des conférences sur le numérique qui ont lieu une fois par mois, et qui proposent des sujets aussi variés que la gestion TikTok, ou l’importance de travailler sur le back-end de son site. Toujours en numérique, nous avons travaillé en partenariat avec un organisme pour mettre au point notre Wikidata. Concrètement, nous avons créé des identifiants Wikidata pour tous nos membres, afin que ces derniers puissent facilement être identifiés en ligne, et donc facilement découvrables. 

À ces spécificités, s’ajoutent les outils disponibles sur notre site Web, comme notre répertoire qui donne accès à tous nos membres, notre agenda, notre babillard. Mais de manière générale, notre rôle principal est de faire de la représentation auprès des grandes instances gouvernementales et des bailleurs de fonds. Pour ce faire, on organise des consultations, des concertations avec le secteur, nos membres, et on intervient auprès du gouvernement pour revendiquer les changements dont on a besoin. 

Enfin, des organismes ou des compagnies de danse seront sans doute intéressés par notre offre de lettres de réciprocité. Cela veut dire que nous sommes reconnus par le gouvernement pour délivrer ces lettres, et ainsi permettre d’appuyer un dossier dans le cadre d’une demande de permis de travail.   

Pouvez-vous nous partager d’autres exclusivités ou activités à venir ?

NM : Dans le cadre de la journée internationale de la danse (29 avril 2023), c’est le RQD qui a la responsabilité de faire le message québécois et la communication autour de cet événement. On choisit donc un ou une artiste qui va danser et délivrer le message en question dans une vidéo. Je soulignerais aussi nos derniers vendredis du mois, durant lesquels nos organisons des conférences « À vous la parole » sur différents sujets. En janvier, nous avons ainsi accueilli des artistes d’ici et des États-Unis originaires d’Iran qui nous ont parlé de la danse dans leur pays qui est la seule forme d’art illégale. Pour février, nous allons recevoir deux conférencières afrodescendantes dans le cadre du Mois de l’Histoire des Noirs.

Mais cette année, nous avons beaucoup de projets structurants à venir pour notre plan directeur, avec au printemps, des forums et des concertations - auxquels tout le monde devrait d’ailleurs participer - qui vont servir à définir nos cinq prochaines années en danse. Avec un tel plan, on va pouvoir présenter nos demandes au gouvernement. 

Nous avons également notre AGA le 26 octobre, durant laquelle s’organisent des ateliers, des conférences… C’est vraiment toute une journée ! Et puis, nous avons des rencontres de consultations et des concertations sur différents sujets qui interpellent nos membres ou qui nous apparaissent comme d’excellentes opportunités de développement. Les prochaines à mettre à vos agendas, en mars et en avril, vont parler de notre système de représentation et des axes de notre plan directeur.

Pour les prochains mois, vous pouvez encore consulter notre campagne Pense Danse (pensedanse.ca) qui invite le public québécois à célébrer et à découvrir la danse en salle, au studio et sur écran sur l’ensemble du territoire. L’une de nos belles réalisations de 2022, visuellement et émotionnellement très parlante ! 
 

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